Pierre Schœndœrffer vient de s’éteindre à Clamart à l’âge de 83 ans
.
Engagé à l’âge de 22 ans en tant que reporter cameraman au Service Cinématographique des Armées (SCA), il part pour l’Indochine en 1952.
Nommé caporal-chef, il est fait prisonnier à Diên Biên Phu en 1954. Il est l’auteur d’une trentaine de reportages sur l’Indochine tournés en 35 mm, et conservés à l’état de rushes dans les archives audiovisuelles consultables à l’ECPAD.
C’est dans son roman « La 317ème section » qu’il révèle pour la première fois ce que fut la guerre d’Indochine. Il adapte ensuite ce roman au cinéma sous le même nom et obtient le prix du scénario au Festival de Cannes en 1965. Sa force est de porter un regard humain sur le conflit, sans parti pris idéologique en se plaçant au plus près du vécu des soldats.
Il couvrira également la Guerre d’Algérie et les évènements au Maroc en tant que journaliste.
Pierre Schoendoerffer a toujours souhaité transmettre son expérience et a ainsi participé à différentes actions culturelles et pédagogiques de l’ECPAD. Ayant toujours œuvré pour la mémoire collective, il a impressionné par sa grande humanité lors de sa dernière présentation devant le Trinôme Académique de Créteil en 2009, où il a partagé son expérience de reporter de guerre avec les enseignants.
C’est avec brio et sincérité, que Pierre Schœndœrffer a su restituer toute sa vie l’Histoire dont il fut à la fois témoin et acteur.
Pierre Schœndœrffer était Première Classe Honoraire de la Légion étrangère.
Découvrez la légion étrangère filmée en Indochine et en Algérie par les reporters du Service cinématographique des armées. (ici )
Une sélection exceptionnelle de films signés par de grands réalisateurs du cinéma français, comme Pierre Schoendoerffer ou Georges Kowal, pour retracer l’incroyable histoire de ce corps d’élite exceptionnel.
Vie en régiment, combats, missions, rien n’échappera au spectateur ! ( ici )
--------------
Adieux à Pierre Schœndœrffer
La cérémonie d’hommage à Pierre Schœndœrffer s’est tenue le 19 mars 2012 à Paris. Décédé à l’âge de 83 ans, cet écrivain, cinéaste, reporter de guerre et ancien militaire était membre du jury du prix littéraire de l’armée de Terre-Erwan Bergot.
Sur les rangs en ce lundi matin, un détachement du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers, régiment dont monsieur Schœndœrffer était soldat de 1reclasse d’honneur, et la musique principale des troupes de marine. 3 légionnaires ont escorté le cercueil, porté par des parachutistes du 1er RCP, depuis l’église Saint-Louis jusqu’à la cour d’honneur.
Monsieur François Fillon, Premier ministre a ensuite prononcé un éloge, devant la famille, les proches du cinéaste, des militaires, des artistes…
« De ses trois années de guerre en Indochine, où il partagea toutes les épreuves de ses frères d’armes, des sauts sur Diên Biên Phu avec le 1er régiment de chasseurs parachutistes au camp de prisonniers, il disait qu’elles avaient de quoi remplir une vie entière. […]
La 317e Section, le Crabe Tambour, Diên Biên Phu, sont les volets magistraux de cette œuvre qui rendit leurs lettres de noblesse à l’engagement de nos militaires, à cette jeunesse dont on ne dira jamais assez combien elle souffrit de l’incompréhension, du rejet et parfois de l’oubli de certains de nos compatriotes. […]
En un temps où le doute gagnait la France, où l’on disait des morts qu’ils étaient morts pour « rien », l’œuvre de Pierre Schœndœrffer apparaît, avec le recul, comme un monument du courage français, et disons-le, du courage tout court. […]
Nous devons en concevoir une responsabilité pour l’avenir, car s’il est un message que nous adresse Pierre Schœndœrffer à travers son œuvre, c’est un message d’engagement et un appel à la plus vive conscience. […]
Honneur, courage, sincérité, voilà les couleurs de cette œuvre universelle qui se mêla aux couleurs de la France. […]
Sa noblesse manquera à tous ceux qui eurent la chance de le connaître et de partager son parcours d’exception, elle manquera au monde de l’art et de la culture, elle manquera au monde combattant, elle manquera à la France. »
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire